23.06.2007
Autonomie des universités : présentation du projet de loi
Valérie Pécresse a présenté hier le projet de texte sur l'autonomie des universités devant le conseil supérieur de l'enseignement supérieur et de la recherche (Cneser). Cependant, la réunion s'est soldé par un échec, du fait déjà de son boycott par plusieurs organisations d'enseignants du supérieur, puis par un résultat négatif des votes à 19 voix contre 12. Face à cette opposition, N.Sarkozy a décidé de s'occuper personnellement du dossier.
Pourquoi ?
La Conférence des présidents d'universités (CPU) et l'UNEF refusent toutes les deux que certaines nouvelles compétences (patrimoine, budget, rémunération du peronnel) ne soient accordées qu'aux universités volontaires. Elles considèrent également le seuil maximum de 20 membres dans les conseils d'administatrion insuffisant.
De plus, l'UNEF s'oppose farouchement à la sélection à l'entrée en master.
Quelques éléments du texte
- Le conseil d'administration de l'université, composé de 20 personnes, intègrerait entre autres 7 personnes extérieures à l'établissement et 3 représentants des étudiants.
- Les nouvelles responsabilités des universités porteraient sur le budget et la gestion des ressources humaines :
« Art. L. 712-10. – Le président peut recruter, sur les ressources propres de l’établissement, des agents contractuels pour occuper des emplois, permanents ou non, de catégorie A, notamment des emplois techniques administratifs de recherche et de formation.
« Art. L. 712-12. – Le président est responsable de l’attribution des primes aux personnels qui sont affectés à l’établissement. En outre, le conseil d’administration peut créer des dispositifs d’intéressement permettant d’améliorer la rémunération des personnels. Les modalités d’application de cet alinéa sont précisées par décret. »
« Art. L. 952-6-1. – Lorsqu’un emploi d’enseignant-chercheur est créé ou déclaré vacant, les candidatures des personnes dont la qualification est reconnue par l’instance nationale prévue à l’article L. 952-6 sont soumises à l’examen d’un comité de sélection créé par délibération du conseil d’administration siégeant en formation restreinte aux représentants élus des enseignants-chercheurs, des chercheurs et des personnels assimilés. Le comité est composé d’enseignants-chercheurs et de personnels assimilés, pour moitié au moins extérieurs à l’établissement, d’un rang au moins égal à celui postulé par l’intéressé. Au vu de son avis, motivé et rendu public, le conseil d’administration, siégeant en formation restreinte, transmet au ministre le nom du candidat dont il propose la nomination. »
Mais n'hésitez pas à lire le texte en entier :projetdetexteportantorganisationdelanouvelleuniversité.pdf
14:30 Publié dans Réforme des universités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : loi, autonomie des universités, université, Pécresse
20.06.2007
Rapport de François Goulard sur l'enseignement supérieur en France
Sur le site de l'Association des Directeurs de Bibliothèque Universitaire (ADBU), a été publié aujourd'hui le rapport établi par François Goulard sur l'état de l'enseignement supérieur en France. Quelques éléments à retenir :
- Le rapport milite en faveur d'un décloisonnement du système d'enseignement supérieur, un renforcement des relations des établissements avec leur environnement. (Introduction, p.10)
- Il propose la création de systèmes universitaires territoriaux, qui regrouperaient l'ensemble des établissements délivrant des formations supérieures dans une ou plusieurs régions. Ces systèmes seraient chargées de l'évolution de l'offre et de l'identification des passerelles entre les formations ; ils pourraient aussi répartir les financements de l'Etat en fonction d'une politique locale de formation. Moyens financiers et pouvoir de décision seraient délégués à ces systèmes tandis que le niveau national se concentrerait sur les aspects stratégiques et internationaux, ainsi que sur l'évaluation des formations dispensées.
- Il reconnaît l'importance des universités de proximité dans la démocratisation de l'enseignement supérieur et dans le domaine pédagogique et l'adaptation des formations aux différents niveaux des étudiants.
- Face aux 120 000 étudiants sortant de l'université sans diplôme, le rapport préconise la création ou l'adaptation des cursus pédagogiques pour les étudiants "n'ayant pas un niveau d'abstraction suffisant" pour réussir dans les filières générales actuelles. Cela s'adresse entre autres aux étudiants ne sortat pas d'un bac générale et souhaitant continuer leurs études dans le supérieur.
- Le rapport s'intéresse à l'amélioration de la licence générale. Pour cela, il préconise que l'enseignement à ce niveau soit dispensé par des professeurs agrégés plutôt que par des enseignants-chercheurs : pour les auteurs, ceux-ci ne peuvent s'investir pleinement dans les enjeux de formation car ils sont trop pris par leurs objectifs en terme de recherche, sans parler de leur absence de formation pédagogique. Le système de Licence serait alors plus proche du système des classes prépa et des IUT. Pour cette évolution, une nouvelle organisation avec la création d'instituts universitaires pourrait être privilégiée.
- Pour mettre en place une autonomie des universités, le rapport souligne le fait qu'il faille transformer le mode de gouvernance des établissements, en créant un véritable conseil d'administration ouvert à des personnalités étrangères à l'établissement et à des élus locaux. Il faudrait également mettre en place une réelle capacité managériale des présidents d'universités.
Je vous encourage à parcourir le rapport si vous en avez le courage : Rapport Goulard.pdf
19:05 Publié dans Réforme des universités | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : rapport Goulard, enseignement supérieur, autonomie des universités
19.06.2007
Les étudiants dépriment
La cinquième enquête nationale sur la santé des étudiants a été publiée aujourd'hui : réalisée par l'Union nationale des sociétés étudiantes mutualistes régionales (USEM), elle confirme un malaise très généralisé des étudiants.
Plus de 13 000 étudiants d'un âge moyen de 22 ans, adhérents à l'une des cinq mutuelles étudiantes régionales, ont répondu au questionnaire de l'USEM. L'immense majorité (93,5 %) considèrent que leur état de santé est "bon" ou "plutôt bon". Et pourtant, le malaise psychique est visible :
- 31,3 % des étudiants déclarent avoir été "tristes, déprimés, sans espoir avec une perte d'intérêt pour les activités qu'ils aiment faire habituellement" sur une période de plus de deux semaines au cours des douze derniers mois
- Près de 35 % déclarent "une perte de confiance", sur une période d'au moins deux semaines.
- Près de 9 % déclarent avoir eu "des pensées suicidaires" au cours des douze derniers mois précédant l'enquête.
Comment expliquer ce mal-être ? Quelques éléments ont été soulignés par la Fédération nationale des observatoires régionaux de la santé (Fnors) qui a analysé les réponses à ce questionnaire.
Critères cités :
- la solitude et l'isolement
- une mauvaise gestion du stress
- les difficultés financières
- une mauvaise perception de l'avenir
- un mauvais choix d'études
- les discriminations et violences
Ces résultats renforcent les revendications de l'USEM en faveur de la mise en place d'un chèque santé étudiant. Il me semble également que de profondes transformations de l'enseignement supérieur pourraient adoucir ce malaise.
Quelques chiffres à l'appui de cette opinion :
=> Un peu plus de la moitié des étudiants estiment ne pas avoir été suffisamment informés pour choisir leur orientation.
=> Un étudiant sur cinq assure que sa formation ne répond pas à ses attentes.
Les étudiants demandent de l'aide !
23:30 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : étudiant, vie étudiante, santé, déprime des étudiants, enquête
18.06.2007
Dans la presse
La réforme des universités, prévue pour juillet, fait réagir.
Nombreux sont les professeurs et professionnels de l'enseignement supérieur qui profitent de l'occasion pour crier les difficultés des universités. Instructif...
- Un article de Esther Benbassa, Directrice d'études à l'ECOLE PRATIQUE DES HAUTES ETUDES, dans le journal Libération : http://www.liberation.fr/rebonds/260841.FR.php
- Jean-Yves Mérindol, président honoraire de l'université Louis-Pasteur à Strasbourg, dans Le Monde : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-922830@...
- Bruno Julliard, président de l'UNEF, dans Le Monde : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-922832@...
- Claude Allègre, ancien ministre, dans Le Monde : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-922831,0.html
A retenir également : les explications de la loi sur l'autonomie des universités par François Fillon :
" A propos de l’université, que recouvre le mot autonomie si un président ne peut ni choisir ses étudiants ni augmenter les droits d’inscription ?
le président d’université (...) pourra gérer les recrutements et choisir les enseignants, ce qui est une vraie révolution. Il pourra aussi passer des partenariats avec les entreprises, et il aura la pleine propriété du parc immobilier de l’université. Seules deux règles ne seront pas négociables : le caractère national des diplômes et le droit de tout bachelier d’accéder à l’université. Je le répète : il n’y aura pas d’examen d’entrée à l’université. Mais l’université fixera le nombre d’étudiants qu’elle peut recevoir. Son président sera libre de créer les filières de formation qu’il juge bonnes, et ainsi de réduire celles qui n’offrent pas de débouchés. Nous préparons un service public de l’orientation des élèves, notamment en terminale, et pour faciliter la réorientation des étudiants qui sont en première année universitaire, quand leur choix n’est pas adapté. Quant aux droits d’inscription, ils sont extrêmement faibles. Il aurait fallu les multiplier par cent pour qu’ils participent de façon substantielle au budget de l’université. Ce n’est pas notre intention. C’est la raison pour laquelle nous pensons qu’il faut chercher d’autres voies." (Le Figaro, 14/06/07)
10:45 Publié dans Réforme des universités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : réforme des universités, politique, université
12.06.2007
Trouver des scientifiques
Un constat : de 1993 à 2002, le nombre de titulaires d'un doctorat scientifique ou technologique a baissé de plus de 4% par an en France. Et cela se retrouve à un moindre niveau dans les autres pays européens.
D'où la commande faite par la commission européenne à Michel Rocard : rédiger un rapport tentant de donner des pistes de solutions pour faire face à ce déclin.
Résoudre ce problème devra nécessairement passer par une augmentation du budget alloué aux chercheurs. En effet, les salaires offets dans la recherche publique ne dépassent pas les 2000 euros en début de carrière, bien peu quand on a suivi un cursus de huit années d'études supérieures.
Il semble que le gouvernement actuel soit prêt à concéder ce sacrifice financier. Candidat, Nicolas Sarkozy s'est engagé à "augmenter d'un quart le financement de la recherche publique", soit "un effort additionnel de 4 milliards d'euros à l'horizon 2012". Cela a été confirmé par le ministre Valérie Pécresse qui a fait état d'une hausse de 1 milliard par an du budget dédié à la recherche.
Pour attirer les étudiants vers ces carrières, il faudra également changer l'image de la science. Elle est passée, regrette le Haut Conseil, "du statut de principal vecteur de progrès à celui de cause de risques sanitaires, de destruction massive et de dégradation de l'environnement". Pour cela, le rapport Rocard préconise de changer les méthodes d'enseignement dans le primaire et le secondaire et de privilégier les méthodes actives, l'observation et l'expérimentation.
Comme on le voit, un effort louable semble se dessiner pour faire bouger les choses dans la recherche scientifique et son enseignement. Un regret cependant : au moment où les lycéens planchent sur les épreuves du bac, on note l'effondrement du nombre d'étudiants dans la filière littéraire, conçue souvent comme le refuge des lycéens trop faibles en mathématique ou en physique. Ce déclin semble compréhensible au moment où le principal débouché, l'enseignement, devient incertain. Encore plus quand on sait le peu d'effort fait pour l'information sur les autres possibilités d'orientation pour ces étudiants.
Il est alors bien regrettable que la même tentative de comprendre et de résoudre ce problème n'existe pas pour les disciplines littéraires. Car les étudiants de ces filières ne les choisissent pas seulement par "plaisir de la connaissance" (ainsi que semblait le penser N.Sarkozy dans le journal gratuit 20 Minutes du 16 avril, déclarant que l'enseignement de la "littérature ancienne", une filière inutile, ne devait plus être prise en charge par les fonds publics), mais parce qu'ils pensent que ces diciplines participent de la construction du monde, que savoir des langues étrangères, bien écrire et avoir une solide culture générale pauvent être de atouts pour réussir professionnellement.
09:15 Publié dans Orientation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : filière littéraire, science, enseignement, rapport Rocard, orientation






