11.06.2007

Perspectives

4fe64b1f686e84bcb42772652f42cc88.jpgTout d'abord un constat : nous conservons notre ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse, qui a été réélue députée dans les Yvelines (condition sine qua non pour garder son ministère).

Autre nouvelle de la journée : aujourd'hui, l'UNSA et la FSU, deux syndicats d'enseignants, ont été reçus par Nicolas Sarkozy : le président leur a annoncé, à leur grand soulagement, l'abolition des décrets Robien qui instituait un allongement de la durée de travail des enseignants sans augmentation de salaire.

Et cependant, les représentants de ces deux syndicats ne sont pas sortis entièrement satisfaits. En effet, N.Sarkozy leur a confirmé son intention de ne pas remplacer un sur deux des enseignants partants à la retraite. D'où vraisemblablement, une stabilisation du nombre de postes ouverts aux concours par rapport à cette année ou à l'année dernière (année où le nombre de postes a diminué selon les disciplines de 30 à 50%).

Cela signifie que nombre d'étudiants voient réduire d'autant leur possibilité de réussir un des concours de l'enseignement. Dans certaines disciplines, l'avenir semble bien sombre. D'où un exigence encore plus grande vis-à-vis des réformes qui s'annoncent, réformes qui devront être suffisamment efficaces pour proposer des solutions aux 8 ou 9 étudiants sur 10 mis ainsi de côté !

09.06.2007

Savoir s'orienter dès le début

621c13eff99a079b10e2bb5988573bd1.gifUne des principales difficulté que rencontrent les étudiants aujourd'hui est de savoir bien s'orienter dès le début de leurs études supérieures. C'est particulièrement vrai pour les étudiant des universités. Une majorité des nouveaux entrants en fac ne savent quasiment rien du schéma des études et des débouchés. Trop occupés à réussir leurs examens -et on peut les comprendre- , ils ne soucient pas assez de savoir où ceux-ci vont les conduire.

Sans nul doute, cela est regrettable car, encore plus depuis la mise en place du système LMD, beaucoup de choses peuvent se jouer dès la première ou deuxième année de Licence.

Quelques choses à savoir d'entrée :

- Etudes longues ou études courtes ? Les licences professionnelles, mal connues -et reconnues- par les étudiants, sont accessibles après un bac+2. Elles permettent souvent une bonne insertion dans la vie professionnelle, avec des salaires parfois égaux à ceux ayant choisi un master.

- Préparer un master ne s'improvise pas. Pour entrer dans les meilleurs, il faut avoir choisi les bonnes options dès ses premières années.
Par exemple, pour intégrer un master Miage (informatique de gestion), très apprécié actuellement par les recruteurs, il faut avoir choisi, en seconde année de licence, « informatique » ou « base de données web » pour l'étudiant en sciences éco, ou « gestion des organisations » pour l'étudiant en informatique. Et avoir fait quelques bons stages.

Une idée se dégage donc : pour réussir, il faut savoir où on va dès son entrée en université. Le système peut très bien fonctionner pour les décidés et les informés.

Un problème : pour ma part, je ne connais pas beaucoup de personnes qui, dès leur 18 ans, savaient ce qu'ils voulaient faire. Ou, quand ils le savaient, ils ont souvent changé d'idée au cours de leurs études.
Or, avec le système actuel, se réorienter ne signifie plus redoubler seulement une année, mais parfois devoir recommencer plusieurs années. Par exemple, un étudiant passe un Master 1, de recherche ou autre, sans trop savoir ce qu'il va faire ensuite, puis décide de ne pas passer les concours d'enseignement mais de choisir un Master professionnel ; il devra alors souvent refaire son Master 1 et aura même de la peine à être choisi dans certains Master pro puisqu'il n'aura pas fait l'option nécessaire en Licence.
Plus simplement, ne pas avoir pris en deuxième année de licence LA bonne option -il est pourtant bien pardonnable de se perdre dans ce dédale- peut signifier se voir fermer irrémédiablement l'accès à certains cursus.

Créer davantage de passerelles entre les cursus, surtout quand ceux-ci ne se distinguent que par quelques options en plus ou en moins, me semble donc réellement indispensable. Cela pourrait passer par la possibilité de rattraper ces options par des cours supplémentaires en parallèle de l'année ou même pendant les vacances. Cela donnerait une deuxième chance également à ceux qui ont eu le malheur involontaire de faire une maîtrise ou un DEA avant la mise en place du système LMD et qui se voient obliger, pour avoir une formation plus professionnalisante, non plus de faire une année de DESS mais de recommencer leur master en entier.

08.06.2007

Les chemins de traverse dans l'accès aux grandes écoles

d994484ec3e3e730bf84fd73191542c2.gifTout le monde le dit : la prépa est la voie royale pour entrer dans les grandes écoles. Oui... mais quelle prépa ?

Certaines options devraient être regardées avec attention par les élèves craignant d'être laminés dans les cursus standards d'accès aux grandes écoles.

Un exemple : il est parfois tout aussi judicieux de choisir une prépa littéraire pour entrer en école de commerce qu'une prépa commerce. En effet, une prépa littéraire (LSH) forme tout aussi bien aux concours (préparation à l'entrée en ENS). De plus, la qualité rédactionnelle et la culture générale acquise par les étudiants suivant ce type de cursus sont très appréciées. Ainsi, à l'Audencia de Nantes, 40% des admissibles sont des littéraires.

Autre filière méconnue : la prépa économique et commerciale option technologie (ECT). Elle s'adresse aux STT (!!) qui peuvent ainsi trouver une voie d'accès vers des écoles de commerce au niveau tout à fait correct.

Bref, un enseignement à tirer de ces exemples : dans le choix de votre filière, préférez l'efficacité au prestige !

06.06.2007

Sur le CNAM : petite réflexion personnelle

6c72e59a6c3811846240dc52aec645a5.jpgFaisant actuellement mes études dans un Institut qui fait partie du CNAM de Paris, j'ai pu découvrir les avantages du système CNAM et le comparer à l'université que je viens de quitter.

Entre autres :
- Une formation délivrée par des professionnels, des praticiens,
- Un apprentissage reposant sur la mise en situation professionnelle et la pratique,
- Une reconnaissance de ce type de formation par les entreprises.

Alors, c'est vrai que les études au CNAM coûtent un peu plus chères qu'à l'université.
C'est vrai que le CNAM est probablement à fréquenter après une autre formation - et pourquoi pas après un passage à l'université qui, malgré ce qu'on en dit, peut permettre d'acquérir une solide culture générale!
Mais je trouve dommage que les étudiants en formation initiale ne pensent que très rarement à passer par là !

Non, le CNAM n'est pas réservé exclusivement aux personnes appartenant déjà au monde du travail ! Certes, c'est sûrement sa mission première, mais certaines voies sont à explorer par les étudiants.
Oui, le CNAM dispense un enseignement de qualité ! En rapport avec le monde professionnel mais également avec la recherche.

D'ailleurs, à l'heure où l'Université se pose des questions sur son devenir, un petit regard vers le système CNAM pourrait lui être profitable. Non pas pour tout adopter : les deux organes ont des fonctions un peu différentes. Mais peut-être pour qu'au moins les étudiants puissent être dirigés vers ce type d'organisme ou pour qu'ils prennent conscience que les études littéraires par exemple peuvent amener à d'autres métiers que l'enseignement.

Alors... n'hésitez pas à fouiller le site Web du CNAM : http://www.cnam.fr/ 

Bon courage !

04.06.2007

Pour avoir peur d'aller à l'université

0f51b33236e306f66b01bc0b43a64976.gifPlusieurs livres, assez récents, traitent de l'impasse que peut représenter l'université aujourd'hui, et en premier lieu les facs littéraires.

Ainsi, le livre du président de la Sorbonne, Jean-Robert Pitte :

PITTE, Jean-Robert. Jeunes, on vous ment ! : Reconstruire l'Université. Paris, Editions Fayard, 2006

Jean-Robert Pitte souligne l'enseignement à deux vitesses qui domine aujourd'hui : les meilleurs vont vers les IUT ou les classes préparatoires (auquelles la France consacre 12 000 E par ans alors que seulement la moitié est dédiée aux étudiants d'universités) tandis que les autres n'ont souvent pas d'autres choix que de se diriger vers l'université.
Aller à l'université ne poserait pas de problème si celle-ci ouvrait de réelles perspectives d'emploi, autres que dans l'enseignement où les taux de succès aux concours sont parfois de 1 sur 10.
"Et les 9 autres ?", semble être la question posée par ce livre.

Autre livre traitant des études supérieures et des problèmes qu'elles posent :

DURU-BELLAT, Marie. L'inflation scolaire : Les désillusion de la méricratie. Paris, Seuil, 2006

Par ce livre, cette sociologue de l'éducation souligne la désillusion que peuvent représenter les études : elles ne constituent plus aujourd'hui l'assurance d'un avenir sans problème d'emploi.

Bonne lecture !