12.06.2007

Trouver des scientifiques

f5fd04fd7b0ddf94edcf36a3c85a721d.gifUn constat : de 1993 à 2002, le nombre de titulaires d'un doctorat scientifique ou technologique a baissé de plus de 4% par an en France. Et cela se retrouve à un moindre niveau dans les autres pays européens.

D'où la commande faite par la commission européenne à Michel Rocard : rédiger un rapport tentant de donner des pistes de solutions pour faire face à ce déclin.

Résoudre ce problème devra nécessairement passer par une augmentation du budget alloué aux chercheurs. En effet, les salaires offets dans la recherche publique ne dépassent pas les 2000 euros en début de carrière, bien peu quand on a suivi un cursus de huit années d'études supérieures.
Il semble que le gouvernement actuel soit prêt à concéder ce sacrifice financier. Candidat, Nicolas Sarkozy s'est engagé à "augmenter d'un quart le financement de la recherche publique", soit "un effort additionnel de 4 milliards d'euros à l'horizon 2012". Cela a été confirmé par le ministre Valérie Pécresse qui a fait état d'une hausse de 1 milliard par an du budget dédié à la recherche.

Pour attirer les étudiants vers ces carrières, il faudra également changer l'image  de la science. Elle est passée, regrette le Haut Conseil, "du statut de principal vecteur de progrès à celui de cause de risques sanitaires, de destruction massive et de dégradation de l'environnement". Pour cela, le rapport Rocard préconise de changer les méthodes d'enseignement dans le primaire et le secondaire et de privilégier les méthodes actives, l'observation et l'expérimentation.

Comme on le voit, un effort louable semble se dessiner pour faire bouger les choses dans la recherche scientifique et son enseignement. Un regret cependant : au moment où les lycéens planchent sur les épreuves du bac, on note l'effondrement du nombre d'étudiants dans la filière littéraire, conçue souvent comme le refuge des lycéens trop faibles en mathématique ou en physique. Ce déclin semble compréhensible au moment où le principal débouché, l'enseignement, devient incertain. Encore plus quand on sait le peu d'effort fait pour l'information sur les autres possibilités d'orientation pour ces étudiants.
Il est alors bien regrettable que la même tentative de comprendre et de résoudre ce problème n'existe pas pour les disciplines littéraires. Car les étudiants de ces filières ne les choisissent pas seulement par "plaisir de la connaissance" (ainsi que semblait le penser N.Sarkozy dans le journal gratuit  20 Minutes du 16 avril, déclarant que l'enseignement de la "littérature ancienne", une filière inutile, ne devait plus être prise en charge par les fonds publics), mais parce qu'ils pensent que ces diciplines participent de la construction du monde, que savoir des langues étrangères, bien écrire et avoir une solide culture générale pauvent être de atouts pour réussir professionnellement.

11.06.2007

Perspectives

4fe64b1f686e84bcb42772652f42cc88.jpgTout d'abord un constat : nous conservons notre ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse, qui a été réélue députée dans les Yvelines (condition sine qua non pour garder son ministère).

Autre nouvelle de la journée : aujourd'hui, l'UNSA et la FSU, deux syndicats d'enseignants, ont été reçus par Nicolas Sarkozy : le président leur a annoncé, à leur grand soulagement, l'abolition des décrets Robien qui instituait un allongement de la durée de travail des enseignants sans augmentation de salaire.

Et cependant, les représentants de ces deux syndicats ne sont pas sortis entièrement satisfaits. En effet, N.Sarkozy leur a confirmé son intention de ne pas remplacer un sur deux des enseignants partants à la retraite. D'où vraisemblablement, une stabilisation du nombre de postes ouverts aux concours par rapport à cette année ou à l'année dernière (année où le nombre de postes a diminué selon les disciplines de 30 à 50%).

Cela signifie que nombre d'étudiants voient réduire d'autant leur possibilité de réussir un des concours de l'enseignement. Dans certaines disciplines, l'avenir semble bien sombre. D'où un exigence encore plus grande vis-à-vis des réformes qui s'annoncent, réformes qui devront être suffisamment efficaces pour proposer des solutions aux 8 ou 9 étudiants sur 10 mis ainsi de côté !

08.06.2007

Les chemins de traverse dans l'accès aux grandes écoles

d994484ec3e3e730bf84fd73191542c2.gifTout le monde le dit : la prépa est la voie royale pour entrer dans les grandes écoles. Oui... mais quelle prépa ?

Certaines options devraient être regardées avec attention par les élèves craignant d'être laminés dans les cursus standards d'accès aux grandes écoles.

Un exemple : il est parfois tout aussi judicieux de choisir une prépa littéraire pour entrer en école de commerce qu'une prépa commerce. En effet, une prépa littéraire (LSH) forme tout aussi bien aux concours (préparation à l'entrée en ENS). De plus, la qualité rédactionnelle et la culture générale acquise par les étudiants suivant ce type de cursus sont très appréciées. Ainsi, à l'Audencia de Nantes, 40% des admissibles sont des littéraires.

Autre filière méconnue : la prépa économique et commerciale option technologie (ECT). Elle s'adresse aux STT (!!) qui peuvent ainsi trouver une voie d'accès vers des écoles de commerce au niveau tout à fait correct.

Bref, un enseignement à tirer de ces exemples : dans le choix de votre filière, préférez l'efficacité au prestige !

04.06.2007

Un petit peu d'histoire...

0615490da0cf4b5ed06a5bc5f254dcb9.jpgPour ceux qui aiment l'histoire romaine, ou tout simplement sont intéressés par les origines de l'enseignement supérieur, un petit livre intéressant à lire :

MARROU, H-I. Histoire de l'Education dans l'Antiquité 2 - Le monde romain. Paris, Seuil, 1948.

C'est vrai que ce livre n'est pas récent, mais il est plutôt agréable à lire : il est assez court et peu rébarbatif, grâce à des anecdotes sympathiques. Et Marrou est resté la référence dans ce domaine !

Pour ceux qui préfèrent l'histoire grecque (pour ma part, je ne suis pas difficile), vous pouvez églement choisir le tome 1 du même auteur.

 Bonne lecture !

 

31.05.2007

Qui est Valérie Pécresse ???

cacaf5eb52218d0febf9f125e7ea5dca.jpgUn blog sur l'enseignement supérieur ne peut pas ne pas débuter sa petite vie sans présenter une personne à surveiller avec attention : notre nouvelle ministre de l'enseignement supérieur, Valérie Pécresse.

Une inconnue du grand public, sans nul doute.
Pour en savoir plus, je suis allée voir son blog où elle dresse son portrait.

A noter donc :
- Diplômée d'HEC, ancienne élève de l'ENA
- 1992 = Entrée comme auditeur au Conseil d'Etat où elle juge les litiges entre l'administration et les particuliers, et examine les projets de loi et décrets du gouvernement
- 1998 = Conseillère chargée des études, de la prospective et des technologies de l'information
- Membre de la Commission des Affaires Culturelles, Familiales et Sociales
- Rapporteur de la mission d'information sur la famille et les droits des enfants (de janvier 2005 à février 2006)
- Présidente du groupe d'études Applications des biotechnologies en génétique et problèmes éthiques
- Vice-présidente du groupe d'études Internet, technologies de l'information et de la communication et commerce électronique
- Membre de la délégation de l'Assemblée nationale aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes
- Animateur du groupe de travail UMP sur la famille
- depuis 2004 = porte-parole de l'UMP et conseillère régionale en Ile-de-France.

Ce qui semble intéressant dans tout ceci, c'est sa connaissance du thème des nouvelles technologies. Mais surtout, le fait qu'elle ait été l'auteur d'une proposition de loi visant à encourager et moraliser le recours aux stages par les entreprises.
Les idées principales :
- généraliser l’obligation de la signature de conventions de stage, que ce dernier soit obligatoire ou non dans le cursus de formation du stagiaire, et quel que soit l’âge du bénéficiaire
- imposer aux entreprises la tenue d’un registre des stages
- prévoir le versement d’une indemnisation pour les stages de longue durée fixée au minimum à la moitié du SMIC et exonérer de charges sociales l’indemnisation des stages à hauteur de 50% du SMIC, afin d’encourager le recours aux stagiaires
- Définir clairement la notion d’abus de stage

Personne à suivre...